Mon marathon de la liberté

Jamais 2 sans 3! Il y a quelques mois, j’ai eu la chance de recevoir un mail pour m’inviter à participer à l’une des courses de Les courants de la liberté en Normandie. Vu que j’avais déjà effectué le semi-marathon en 2015.. J’étais tentée de faire un autre format tout en ayant une peur bleue de me planter.

Le jour de la réception de ce mail, mes parents et mon mari étaient à mes côtés. En discutant, mon mari me dit : « Quitte à faire la route, autant que tu fasses le marathon ». C’est parti de là. Bouche bée quelques secondes… Je lui réponds tout simplement : « Okay. Mais t’es au courant que je vais devoir faire des longues sorties et sans notre fils. Il va falloir revoir toute notre organisation. » Cela ne semblait pas du tout être un frein. Cependant, j’avais un autre frein, j’avais conscience que ma préparation allait se préparer avec la perte d’un de mes proches.

Quelques temps plus tard, le gagnant de mon concours , Serge, m’avait gentiment proposé de m’accompagner le jour J. J’ai accepté ce privilège qui me touchait énormément. Je cours pour le partage, non pour me la péter sur les réseaux sociaux à faire un chrono. Je ne peux pas me le permettre :p

Je suis MARATHONIENNE pour la 3ème fois ! Une préparation avec des hauts et des bas! Beaucoup de concessions dont le fait de courir beaucoup moins avec mon petit panda et mettre le triathlon de côté. Sur de nombreuses sorties, j’ai eu la chance d’avoir la compagnie avec Jannice qui préparait le semi-marathon du Futuroscope:) J’ai adapté mon plan d’entrainement avec ses séances. J’en garde que de bons souvenirs. J’ai essayé de m’entourer que du positif afin de mener sereinement cette distance mythique.

La semaine précédente, tout se passe relativement bien… sauf les nuits… Et un samedi très rempli ! Je m’hydrate énormément, je vérifie un peu la météo, je prends soin de mon ampoule survenue une semaine avant à cause de mes semelles orthopédiques… J’ai confiance en ma préparation, je sais que je vais passer la ligne d’arrivée quoi qu’il advienne.. Cependant au niveau du chrono, ça va être une autre histoire. J’ai mes menstruations, j’ai aucune idée de comment je vais gérer ceci durant cette distance.

Le samedi, je ne me suis pas rendue sur le village expo car nous avions un planning familial très chargé. Le vendredi après-midi, ma petite sœur s’est chargée de récupérer mon dossard. J’étais plus tranquille avec une mission en moins à faire. Par conséquent, j’avais deux gros repas de famille, c’était un peu difficile pour mener à bien mon alimentation de veille de course. Je me suis couchée assez tard, minuit ! Cependant, nous n’avions pas notre fils à gérer puisqu’il dormait chez son tonton et sa tata! Un grand merci à eux 🙂

Très peu de personne savaient la distance que j’avais dans ma ligne de mire. C’était un choix de ma part pour effectuer sereinement ma préparation sans jugement ou mauvais conseil. Je voulais être « libre » de sauter ou non une séance… de manger ou non du turon parce que j’adore ça… Je ne suis pas parfaite ni une athlète. Les réseaux sociaux ont des côtés positifs mais sont aussi très intrusifs. Quelques fois des messages bienveillants peuvent nuire sans le vouloir. J’espère que ce silence n’est pas mal pris par vous.. J’ai pris ce temps pour moi et rien que moi. Je me suis accordée cette faveur.

Lors de ma préparation, j’ai énormément privilégié l’endurance fondamentale et des sorties longues. Sur Poitiers, le dénivelé peut vite monter en flèche. Même si je déteste ça… j’ai voulu en incorporer pour travailler ce point faible. Je me suis jamais focaliser sur les chiffres. J’ai continué ma vie sociale et ma vie de maman,. J’ai pris du plaisir du début à la fin… J’ai partagé de très bons moments sans trop me prendre la tête. Voilà comment je conçois dorénavant ma pratique sportive.

Je me suis présentée ce matin-là en forme, avec un grand sourire, une vessie pleine et l’envie de franchir cette ligne d’arrivée. Ouf, il y avait des WC pour faire la vidange et c’était le meilleur point de RDV à donner à Serge 🙂 Haha! J’avais un peu peur de courir avec quelqu’un que je ne connaissais pas et surtout de le faire courir à un rythme qui ne lui conviendrait pas. Le courant passe plutôt bien! Ila beaucoup d’humour, me conseille et surtout à l’écoute de mes attentes. Je pense qu’il avait saisi mes objectifs.

Mes objectifs : Ne pas me blesser, ne pas pleurer, écouter au maximum les signaux d’alerte, ne pas renoncer, y croire même dans les gros moments de doute mais surtout retrouver mon petit panda pour passer l’arche avec lui.

Après une Marseillaise très émouvante en hommage aux soldats disparus le 06 juin 1944, c’est le départ !!

Avec Serge, nous avions décidé de ne pas suivre les meneurs d’allure de 4h15 car ils comptaient faire le premier semi assez rapidement. Pour ma part, j’avais vraiment envie d’y aller au feeling. Nous avons tenu une très bonne allure de10km/h sur le premier semi-marathon. J’étais largement sur l’objectif chrono fixé par mon plan d’entrainement.

Les premiers kilomètres défilent tranquillement sur un rythme à 6′ /km. J’apprends à connaitre mon partenaire tout en admirant le paysage qui nous entoure. Serge fait même le touriste en se prenant en photo sur certains endroits du parcours: Pire que les anglais! Haha! Nous nous arrêtons sur tous les ravitaillements où Serge m’embarque une bouteille. Sincèrement, il fut adorable de me tenir des bouteilles sur de nombreux kilomètres. J’ai eu une chance incroyable de l’avoir à mes côtés.

Néanmoins, malgré une bonne hydratation et alimentation sur les 21 km, je ressens un coup de mou et j’ai extrêmement chaud. Pourtant sur le canal de Ouistreham, nous avions un vent de face. Serge me servait de coupe-vent 🙂 Il n’est pas formidable hein? Ce n’était pas suffisant pour faire baisser la température. Mon mari nous attendait sagement pour nous redonner un peu de pep’s et me donner du ravito si besoin. Mais je n’avais pas encore tapé dans le mien. Je me souviens avoir doubler pas mal de coureurs qui souffraient déjà énormément.

Durant cette longue ligne droite de Ouistreham, j’ai commencé à partir dans mes pensées. Je pense que ce fut une « erreur ». J’ai beaucoup de souvenirs ici avec mes grands-parents. Le fait d’avoir perdu mon grand-père au mois de juin revient. J’ai voulu occulté ses nombreux kilomètres.

Nous passons le Pegasus Bridge, et ça commence à grimper tout doucement. Le coup de fatigue se fait de plus en plus ressentir. Je ne reconnais pas du tout le parcours et cela me déstabilise un peu. Là, je me dis que ça va être extrêmement long jusqu’au 30ème km, le prochain point de rdv avec mon mari.

Serge appelle sa femme qui était sur le semi-marathon. Elle l’informe des difficultés du parcours. Ça grimpe et ça redescend sur les 5 derniers km ! Je me dis intérieurement : « Youhou ma fille, tu vas en chier ! » Certes cela ne va pas être les côtes comme sur Poitiers mais ça reste tout de même une partie demandant beaucoup d’énergie.

Mon premier arrêt se fait au km25 par une crampe à la cuisse gauche, je décide de marcher pour que cela se calme. J’ai juste un peu mal, ce n’est pas insurmontable. Je pioche la carte sécurité. Il y a un ravitaillement, ça me permet de manger ma moitié de banane tout doucement, de boire et de me mouiller le visage/cou/cuisses.

Surprise ! Juste après ce ravitaillement, mes parents et ma grand-mère sont là. Ma maman pleure en me voyant et je vais dans ses bras. Je repars en courant en espérant au fond de moi que je ne vais pas devoir encore me stopper. Je culpabilise pour Serge qui m’accompagne. Je tiens jusqu’au km 27! J’avais encore une crampe! Elles venaient à chaque fois lors d’une montée. On décide alors avec mon partenaire de continuer à bien courir sur le faux plat car j’ai encore un bon rythme et de marcher lors des montées.

Au km30, nous remarchons de nouveau avec un petit espace ravito! Mon mari nous attend et voit que ça ne va pas trop. Il marche un peu avec nous. Avec Serge nous papotons de tout et de rien . Il parait même que je suis avant l’équipe relais Randstad!

Au km 33, c’est reparti pour de la marche dans la plaine normande !Je regarde mon téléphone, ma mère m’informe qu’ils m’attendent vers le 36ème kilomètres. Okay, bon je vais faire un petit effort! Ou pas ! Je sens que là, mes règles alourdissent vraiment mes jambes. J’ai souvent ce ressenti lorsque je m’entraine durant cette période. Je vis assez mal mes menstruations depuis mon accouchement. Je gère pas très bien mes entrainements avec la douleur. Bref, je n’ai pas encore trouvé le remède.

A ce moment-là, nous alternons marche et run tout en mangeant mes morceaux d’ananas séchés ! Une tuerie au passage 🙂 Je reprends du poil de la bête et nous avançons sur du faux plat montant et dans un chemin!

Au loin, ma Misouki arrive en courant pour nous rejoindre! Elle est là pour m’accompagner sur quelques mètres. Son attention me touche énormément. Encore une belle surprise ❤ Elle a fait un joli 10 km en 1h03 🙂 Je la félicite. Elle me raconte que mes parents sont là. Un petit coucou, un ravito et ça repart.

Je me dis MERDE! Il faut en finir maintenant! Je termine les 7 derniers km sans aucune pause tout en bavardant! C’est pour vous dire à quel point j’étais dans une phase un peu mieux. Même pas au ravito mis à part une bouteille d’eau au passage… Enfin, je ne sais plus ! Cependant, Serge m’a beaucoup félicité d’avoir repris un très bon rythme. Sincèrement, il a su me remonter le moral même quand je lui ai sorti à un moment: « Pfff, à ce rythme là, je vais faire 5h! » ( Ce n’est pas péjoratif pour ceux qui le font mais j’avais tout de même envie de ne pas faire plus que mes précédents chronos). Ma montre estimait quelques fois mon chrono, j’avais un peu peur en la regardant.

Nous arrivons près du jardin des plantes, que je connais bien.. Encore un endroit avec de nombreux souvenirs. Je me canalise en me disant: Zou, on passe vite fait dans le centre ville, plus que l’hôtel de ville et la put*** de ligne droit du Lycée Malherbe et c’est bon le parc expo n’est pas loin! Ouais, enfin, je l’ai effectué des tas de fois ce chemin vu que c’était mon lycée. Je sais à quel point cette ligne droite est ennuyeuse! La femme de Serge nous retrouve à l’hôtel de ville pour finir avec nous. Là, je commence à dire que j’en ai ras le cul. Que cette ligne droite est interminable. Je crois que pour une fois, d’ailleurs, je ne me suis pas trop plainte. C’est rare. En même temps, Serge m’avait prévenu: « Si tu te plains, j’accélèrerai. «  Ça calme directement!

Je passe le lycée, je commence à voir les barrières, je scrute où est mon fils! Il n’y a que ça qui compte. Ma sœur me l’apporte. La ligne est encore un peu loin. Cela fait un sacré moment que je n’ai pas regardé ma montre, je n’ai aucune idée du chrono que je vais faire.

Nous passons l’arche après 4h39 d’effort, de papotage, d’émotions et de doutes.

Je remercie énormément Serge pour avoir fait office de Pacer sur cette distance. Je sais à quel point c’est un rôle compliqué à tenir. Ayant déjà eu cette position, je sais qu’on se questionne énormément.

Merci aussi à mon mari de m’avoir donné la chance de reprendre le chemin du marathon et surtout qui m’a soutenu sur toute cette préparation.

Merci à mon petit panda de me permettre de continuer à courir avec lui sur des petites sorties. Bon, je ne peux pas trop le remercier sur la qualité de mon sommeil ! Mais durant toute cette période, il fut adorable. Il grandit, devient plus autonome et surtout demande des sorties avec sa maman.

Merci à mon frère et ma belle-sœur pour avoir garder mon petit panda d’amour.

Merci à mes proches et copines qui sont venues me voir sur le parcours et sur la ligne d’arrivée.

Merci à Jannice pour sa patience durant toute ma préparation et d’avoir bien voulu courir en ma compagnie!

Merci à l’organisation pour cette magnifique occasion de participer à nouveau à une de leurs courses.

Merci à VOUS de toujours me suivre après toutes ces années 🙂

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Ce matin, j'ai repris le chemin de la longue distance.. tu sais la mythique! Celle qui fait peur avec son mur du 30ème km. J'avais effectué le choix de dire cet objectif qu'à très peu de monde pour suivre ma préparation sereinement. Ce fût le cas en la savourant malgré de grosses concessions.. dont ne plus beaucoup courir avec mon petit panda 🐼, mettre le triathlon en pause et faire avec les aléas de la vie. Je ne regrette pas mon choix. Je remercie énormément mon mari qui souhaitait absolument que je tente à nouveau 42,195km. Un début de parcours vraiment trop beau sur les plages du débarquement mais surtout de mon enfance. J'ai perdu mon rythme au niveau du semi, à la fin de longue ligne droite venteuse entre Ouistreham et le Pegasus Bridge. Ensuite, un gros passage à vide avec quelques crampes entre le 23ème km et le 30ème… Heureusement que certains proches sont venues me voir pour me booster! C'était le bon moment. Mais surtout, je crois que je peux que remercier @sirseurge pour sa proposition de m'accompagner sur cette course, de mener parfaitement ce rôle en ne me mettant pas la pression et en respectant mes arrêts dès que j'en ai ressenti le besoin. J'ai écouté les signaux de mon corps. Et après cette baisse d'allure, je n'étais pas frustrée. Loin de là. Pourtant, je ne pense pas avoir effectué de grosses erreurs niveau alimentation et hydratation. Pour me remercier, mon cher corps a retrouvé du pep's à 10km de la fin! Boudiou, ça faisait du bien de reprendre un bon rythme malgré la fatigue. Serge m'a encouragé comme un chef jusqu'à Caen. Un véritable partage du début à la fin! Nous avons bien papoté 🤗 Enfin, j'aperçois mon petit garçon au loin et là je suis extrêmement fière d'avoir la ligne d arrivée si proche.. mais surtout de la passer avec lui 🐼💙 Je remercie toute ma famille, Ma super copine @misouki24 pour les quelques foulées ensemble dans un moment difficile, Serge pour sa gentille et son humeur ( il s'incruste sur toutes les photos) Et bien sûr l'organisation pour l'invitation 💙 Que du plaisir, du partage, du soleil et beaucoup d'amour 😍 #garminfrance #reachbeyond #mizunofrance #jamaissansmesmizuno #cdll

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Enfin, le parcours était vraiment splendide sur la premier semi-marathon. Courir sur le bord des plages du débarquement, forcément, ça ne peut qu’être émouvant. Surtout que c’était le 75ème anniversaire du débarquement.

Pourtant, je m’étais promis de ne plus reprendre un dossard pour le format marathon.. Finalement, deux ans après l’arrivée de mon fils, je me ressens capable de faire de longues distances. Je suis moins fatiguée.

Le chrono, j’en suis fière. Il est en-dessous de celui de mon premier marathon et deux minutes au-dessus de mon second.

A très vite pour de nouvelles aventures 🙂

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