Randonnée en Ariège: L’ascension du Pic du Montcalm et la Pique d’Estats

Le 20 août dernier, c’était une bonne cure de dénivelé avec une randonnée lors de l’événement du Montcalm.  Pour rentrer dans le vif du sujet : De la côte, de la pluie, des roches, du brouillard et des nuages ! A moi la sortie en altitude, c’est ma première au-dessus des 3000 avec l’ascension de deux sommets ! Grosse journée +2000 m de dénivelé  dans ce magnifique coin des Pyrénées! Je monte, puis je descends ! Enfin, tout le monde est au courant de ma grande histoire d’amour avec la côte! Je suis un peu sadique, j’aime me lancer des défis en m’inscrivant sur des trucs invraisemblables!Equipement rando montcalm

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A l’inscription, je n’avais pas vu que c’était une course du type skyrunning. D’ailleurs c’est quoi encore ce type de course à pied ? C’est de la course à pied sur des parcours à fort ratio km/dénivelé, des passages sur des sommets avec des sections techniques. Une pratique qui met à rudes épreuves !

En effectuant mes recherches pour les vacances, ce parcours de randonnée était vraiment à ne pas manquer. Nous étions sur une partie du parcours du marathon du Montcalm mais en mode randonnée. Vu la contracture musculaire d’Adrien, on a trouvé cela plus raisonnable de passer du trail des Novis à la randonnée. C’était sans savoir la difficulté de ce parcours de randonnée car j’avais que celui du trail en tête !

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Compte-rendu de course :

3h30. Il est temps de se préparer, faire la route (1h15) et être au départ de la randonnée s’effectuant à 6h au niveau du parking de l’Artigue. Nous arrivons à temps. Il y a de la place pour garer notre voiture et nous écoutons le briefing d’avant départ. Une journée intense commence!

Le début, c’est effectué dans le noir avec la lampe frontale sur nos fronts dans le bois en direction des Orris de Pla Nouzères.  Dans la nuit noire, nous entendons le ruisseau de l’Artigue. Une ambiance très sympathique que j’ai vraiment appréciée. Plus nous avancions, plus le jour commençait à apparaitre. La brume était toujours présente quoi qu’il arrive vu que la météo prévoyait de la pluie et des orages. C’était splendide et tellement beau de voir ces nuages qui bougent sans cesse! Donc, je n’ai pas vu l’étang sourd que nous avons longé, il était totalement caché par la brume.

Je suis partie dans les premières de la randonnée car Adrien avait un sacré rythme. A croire qu’il voulait faire la course sauf que ce n’est pas le principe d’une randonnée. Nous voulions courir si certaines portions du parcours nous le permettaient mais en réfléchissant bien, je n’ai pas assez confiance en mes appuis. Je retire ma veste car j’ai vite très chaud. Heureusement que j’ai mon sac pour ranger nos deux vestes.

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Tout à coup, le soleil se devine à travers cette couche épaisse. Nous arrivons au refuge de L’étang Pinet qui offre un sacré ravitaillement avec une source d’eau potable. Puis, il faut continuer avec une montée caillouteuse pour parvenir à l’étang d’Estats et enfin celui du Montcalm. Quand je mets 1h pour faire 3km, c’est que ça ne fait pas semblant de grimper.

Je n’étais pas très confiante en voyant le parcours défilé et en pensant à la descente. La montée était bien raide et un terrain escarpé car nous sommes en haute montagne. Je m’en suis voulu de ne pas avoir des bâtons car j’ai vite eu mal à mon dos à force de baisser mon buste. Des gros blocs de cailloux font office de chemin.  Le vent commence à se faire sentir, je remets ma veste de Columbia qui est également déperlante. Le temps est très changeant en montagne, il faut vraiment avoir l’équipement indispensable : polaire, veste… Je vous conseille de relire mon article : Dans mon sac de randonnée...

Non loin de là, à gauche, nous apercevons le pic du Montcalm qui nous attend. Sur ma montre, plus j’avance moins je vois l’altitude qui augmente. J’avais l’impression de faire du sur place. Limite comme les oiseaux, bornés qui restent face au vent pendant 3h ! En effet, il y avait bien du vent! J’enfile même ma capuche.

Encore 600 m de dénivelé à grimper, nous étions avec deux autres nanas. Adrien avec une, plus rapide, moi avec l’autre qui avait le même rythme que moi. On a discuté du parcours et de sa difficulté. Elles aussi étaient inscrites sur le trail du Novis, et on changeait d’avis. Comme quoi, nous n’étions pas les seuls! Discuter pendant un bon moment, ça m’a permit d’oublier la difficulté de la montée. Cela a rendu cette portion plus agréable. Et les premiers coureurs arrivent avec une envie folle de gagner. Sur cette portion, j’étais obligée d’utiliser les mains pour me tenir aux cailloux.

Je tire la langue, je bois grâce à ma pipette, j’essuie ma goutte au nez… Et toujours un bénévole pour t’encourager : « Allez, vous y êtes! Regardez c’est à gauche! Accrochez-vous bien car ça glisse ». Leurs paroles font du bien et donnent du pep’s pour continuer avec le sourire (crispé).

Une fois sur le pic de Montcalm (3 077 m), nous n’avons pas le bonheur de voir la vue panoramique sur les Pyrénées et la vallée de Vicdessos. Du coup, pas la peine de prendre son temps et on repart de plus belle. Il faut redescendre pour remonter les pentes raides de la Pique d’Estats (3 143 m). Et oui, j’en ai pas un mais deux à franchir. Je suis plus que motivée à relever ce challenge. Le moral est là, les jambes aussi et mon vertige est absent. L’ambiance en haut est incroyable. Nous avons effectué la montée en 4h. Le plus gros a été fait! Enfin, c’était ma pensée!

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Je suis plus performante en descente lors de nos randonnées, enfin ça c’était avant ! Ici, je me suis transformée en nana la pire descendeuse du monde. Je n’avais plus assez de motivation pour combattre mon vertige et faire attention aux difficultés du parcours : pierraille, éboulis,…. Une partie très technique sur 11km!  J’étais complétement épuisée moralement et non physiquement, ma tête me répétait : « Pourquoi tu t’infliges ce calvaire? »

Adrien en avait un peu marre que je n’avance pas et m’engueulait d’être aussi lente. Il m’attendait tout le temps, ça me stressait plus que de me motiver (son but). Tellement énervée, je lui ai répondu qu’il était censé avoir mal donc qu’il devait prendre son temps pour ne pas se blesser. Cela me met un petit coup au moral et je retiens mes larmes. Il comprend vite que sa méthode n’est pas la bonne et me propose son aide en me conseillant où passer. Je lui dis que je préfère prendre mon temps, que je ne suis pas là pour faire une course. De toute manière, il m’est impossible de faire autrement vu l’était du sol qui est un amas de pierres et de cailloux.Le seul but est de finir sans me blesser. Pour moi, j’ai déjà effectué beaucoup d’effort vu ma peur en hauteur.

Je pense que le manque de paysage n’a vraiment pas aidé. Faire autant d’efforts, se surpasser et dépasser ses peurs pour finalement ne pas contempler les sommets par cause de brume… J’étais dépitée. Je sais que cette couche blanchâtre va nous suivre jusqu’à la fin. Chaque kilomètre était si difficile. Je n’avais pas le beau panorama pour rendre la descente plus agréable. Frustration au maximum.

Du coup, contrariée, j’effectue cette descente ultra technique tranquillement. Vu le parcours difficile, je pense que les bâtons auraient vraiment aidé pour me faciliter la tâche en absorbant et soulager mes jambes mises à rude épreuve. Il m’est impossible de relancer, il fait gris, humide et sombre. Cela me déprime plus qu’autre chose d’avoir un plafond si bas. J’ai l’impression d’avoir le ciel sur mon dos. Je suis presque dans le nuage. Avec du recul, je trouve cela beau mais sur le moment, c’était un peu difficile de trouver la force pour avancer avec cette grosse déception. J’aime tellement voir le paysage et où je me dirige pour me fixer des objectifs.

Nous avions parcouru que 13km, et les larmes coulaient avec cette déception de ne pas réussir à prendre de la vitesse. J’adore les descentes à sauter de tous les côtés. Le parcours passe toujours plus rapidement avec une autre vue. Là, je me suis sentie coincée à descendre calmement pour éviter la blessure. A tous mes pas, je me demandais si je n’allais pas tombée. Chaque pas se mesurer minutieusement pour ne pas risquer de glisser ni de tomber. Ce fut le cas, 3 fois : 2 sur le côté droit et 1 chute sur les fesses. Puis, je savais à quoi m’attendre par la suite.

Mes guiboles sont fatiguées alors que je ne cours même pas! Je n’ai vraiment pas l’entrainement pour ce type de parcours. Au moins, ça permet de voir mes failles et ce que je dois absolument travailler. Je n’ai pas pu alterner entre marche/course vu la raideur du terrain, 25 minutes pour 1km. Il y a des cailloux et c’est toujours mouillé. Mes Wave Daïchi de Mizuno font leur boulot mais quand tu mets autant de temps pour faire si peu de distance, c’est que ce n’est pas de la petite descente. J’ai eu de la chance qu’Adrien me tienne souvent la main lors des passages très complexes pour amortir les chocs.

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De plus, je pense que le fait de m’arrêter régulièrement pour laisser passer les coureurs du marathon m’a beaucoup stressé et a cassé mon rythme. J’avais toujours l’impression de déranger et je ne savais pas où me placer. Le fait de ne pas savoir le meilleur chemin pour eux. J’avais l’impression d’être un obstacle dans leur course et ce positionnement m’a gêné. J’ai tellement conscience que c’est pénible d’avoir des personnes sur un parcours. J’avais vraiment peur de me blesser, de chuter, de ne pas réussir à m’arrêter pour les laisser passer.

Cela fait plaisir de voir les coureurs courir avec tant de facilités sans se soucier de leurs appuis. Ils se lançaient sans se poser de questions, en tirant la langue ou me souhaitant bon courage. Les femmes étaient superbes et impressionnantes. J’étais complétement en admiration devant ce bel effort. Rien qu’en les observant, je me sentais vraiment nulle de pouvoir me plaindre. Une pêche d’enfer en me soutenant avec un regard bienveillant.

Je ne regarde plus ma montre depuis très longtemps, je sais que je n’avance pas. Je n’ai pas envie de me bloquer encore plus. Adrien grogne encore car lui regarde régulièrement la montre. J’ai beau lui redire que je ne suis pas pressée et que de toute manière nous allons bien réussir à l’arrivée. 25 minutes pour 1km et alors? Si tu veux courir, vas-y. Bizarrement, il ne l’a pas fait. Tout le monde me dit que cela va être plus facile une fois dans la forêt et que le terrain va être moins glissant. Je me réserve pour être bien lors de ce passage.

Ces passages où tu t’accroches des deux côtés pour y placer qu’une seule chaussure ou ceux où tu te mets sur les fesses pour glisser plus bas car tu as les jambes trop courtes… Ces cailloux où tu mets ton pied bien serrés sur le dur à droite alors que tu as le vide du côté gauche. NON, NON, je n’ai pas du tout PEUR! Je flippe à mort! Je me demande encore comment j’ai réussi à passer à l’aller… Franchement, heureusement que je n’ai pas une caméra car Adrien aurait des vidéos « DOSSIER ».

Nous arrivons au dernier ravitaillement avec du solide au refuge du Pinet. Contrairement à l’aller, nous ne le voyons plus au loin. Adrien s’étire , on boit et je prends quelques morceaux de pâte de fruits et pain d’épice. Les personnes nous disent que c’est vraiment dommage que nous ayons eu cette météo et que c’est très dangereux. Il faut vraiment être vigilant sur la descente car le sol est trop glissant. Nous parlons et récupérons un peu de l’effort.

J’aperçois enfin la forêt, sombre et bien humide. Cependant, le sol n’est plus glissant et ça fait du bien de ne plus avoir le doute de mes appuis. J’en bave énormément, je suis sur un petit chemin où je peux ENFIN marcher sereinement. La descente fut longue et interminable. Je ne m’attendais tellement pas à prendre autant de temps. Nous arrivons au parking, j’ai un large sourire en obtenant mon diplôme.

Randonnée Moncalm - Trail - Pic Montcalm et Pic D'estats (3)Mon équipement : La brassière de Skins, le t-shirt de Mizuno, la veste de Columbia, un short Nike, un bandeau de Nike, les baskets Wave Daïchi de Mizuno, le sac de randonnée Osprey et la montre forerunner 920XT de Garmin avec la ceinture HRM-TRI.

Nous filons à la voiture en se débarbouillant avec des lingettes et nous nous changeons. Nous avons un repas offert qui se déroule au village de course. Une journée bien remplie qui finalement est passée très vite. Je ne m’attendais pas à tenir si longtemps sur un tel parcours car je me connais parfaitement bien.

Mon bilan:

Je ne reste pas indifférente devant ma fierté d’avoir grimpé les deux sommets. J’ai concilié effort physique, beauté des paysages, dépassement de mon vertige et convivialité. C’était une toute autre approche de la randonnée avec un parcours et un cadre exceptionnel. Gravir deux pics de plus de 3000m ne se fait pas tous les jours. Finalement, je suis surprise d’avoir eu plus la niaque et la force pour la montée que pour la descente. Je me suis pris une grosse claque dans la descente où j’avais envie de courir.

C’était une randonnée longue, technique et montagneuse. Ce n’était pas une course, et pourtant j’ai trouvé cela très difficile. Je me suis posée des tas de questions sur la totalité du parcours. Je me suis élancée sur une randonnée aussi dure que ça ? Certes il y a le dénivelé … Et ce n’est pas du tout mon terrain habituel. Je suis rentrée les jambes en compote. En tous cas, je ne dirais pas non pour la refaire mais avec du soleil pour pouvoir apprécier le paysage qui devait s’offrir à moi. Les conditions météorologiques ont ajouté de la difficulté. J’en garde des bons souvenirs, voici une vidéo du début de randonnée! 🙂

Je suis époustouflée par le nombre de bénévoles à tous les endroits du parcours, nous n’étions jamais seuls. Ils sécurisent, balisent, contrôlent, aiguillent et ravitaillement… Et ils ont passé la nuit sur place. Ils sont restés des heures dans des conditions pas très top pour que tout le monde puisse passer un très bon moment en nous encourageant. Les bénévoles, attachés à leurs racines et leurs montagnes, ont une véritable envie de faire découvrir la beauté de leur région. Un grand MERCI et BRAVO à eux.

Sur la partie haute, il y a des accompagnateurs de montagne, guides, médecins sont là en cas de problème. En effet, la sécurité occupe une place très importante.

Au niveau des ravitaillements, il y en avait des liquides tous les deux kilomètres pour pouvoir s’hydrater ou se rincer les jambes. C’est normal, vu que l’eau minérale naturelle de Montcalm est mise en bouteille dans la vallée. J’étais très surprise en voyant les bouteilles et j’ai vite percuté. Il y avait le choix entre de l’eau normale, de la salée ou de la sucrée (pastèque). En ce qui concerne les solides, tous les 4 km environ avec un très large choix : Pâte de fruits, pain d’épices, saucisson, tucs, abricots secs et fromage.

J’ai adoré palper l’ambiance chaleureuse qu’il y a sur ce type de course. Il y avait beaucoup de participants. J’ai ressenti la passion et le respect pour tous les coureurs.

L’organisation se donne beaucoup de mal pour mettre toutes les meilleures conditions pour passer un moment agréable : balisage parfait avec des ravitaillements complets et fréquents.

Encore une nouvelle découverte qui a bien terminé nos vacances. J’adore me lancer des défis sans m’infliger une rigueur sportive car nous n’avions pas le temps de suivre un entrainement. En tous cas, j’ai hâte de me fixer des nouveaux défis!

A très vite!

2 réflexions sur “Randonnée en Ariège: L’ascension du Pic du Montcalm et la Pique d’Estats

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