Mon marathon de Paris : Test number two

Après un premier marathon chaotique l’année dernière. Je n’ai pas eu peur de me remettre sur la ligne de départ.

La distance mythique fait toujours froid dans le dos rien que d’y penser. Par exemple, je sais qu’elle représente le trajet que je fais tous les matins entre mon domicile et mon lieu de travail. Il y a de quoi y penser tous les jours et se dire : Punaise, le 3 avril, je vais devoir parcourir cette distance.

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Contrairement à 2015, j’ai vraiment réalisé une préparation plus assidue. J’ai effectué d’énormes concessions dont des sportives. La natation, le vélo, les randonnées, les événements n’étaient plus trop au programme. Je me suis livrée à une relation fusionnelle avec mes Mizuno la piste et le canal. Psychologiquement, c’était vraiment très difficile. J’ai pris beaucoup sur moi pour ne pas y penser. Cependant, j’ai ressenti un manque mais j’ai voulu mettre toutes mes chances de mon côté.

Je ne me suis pas rendue au salon du running. Mon mari a eu cette mission pour m’éviter de faire le trajet surtout avec les grèves.

La semaine précédente, ceux qui me suivent sur mon snapchat, ont remarqué mes plats très variées : jambon-pâtes. Mon mari a pris ma préparation très à cœur d’où ce menu. Il ne m’a pas laissé le choix.

Le samedi, veille de la course, s’est effectué au calme pour rattraper mon retard dans mes tâches ménagères. J’ai préparé grossièrement ma tenue sans faire des fantaisies. Un équipement qui m’accompagne depuis un moment. J’ai assez souffert l’année dernière pour ne pas reproduire les mêmes erreurs. Le soir, je suis sortie pour une soirée mais je suis rentrée tôt.

Le bout de papier qui fait toute la course 🏃 ou presque! #parismarathon, 2nd test, je suis prête à te défier 👊🏃😉🐼 ou pas 😂😂 Et vous?

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JOUR J :

Nous prenons la voiture jusqu’au château de Vincennes pour prendre le métro. Adrien a pour mission de garder mon sac dès que je suis dans le sas. Une fois mes couches enlevées, je m’en sépare pour qu’il le dépose dans notre voiture. En 2h, il a largement le temps d’y retourner et de me rejoindre à notre point de RDV : Km 20.

Une fois que je me suis séparée de monsieur avec nos derniers réglages, me voici dans le sas des 4h. L’accès au sas se fait rapidement. Sur les champs, le soleil se lève. La fraicheur n’est pas au rendez-vous. Heureusement que je me suis séparée de mon coupe-vent car il commence déjà à faire chaud.

Je me retrouve avec une nana qui a les mêmes baskets que moi : Les wave rider 19 de Mizuno. On se raconte des choses à gogo sans même échanger nos prénoms. J’apprends qu’elle a la même collection que moi dans les mêmes coloris. Je l’apprécie déjà.

La première partie du marathon va se faire avec moi-même. Seule au monde. J’abuse, je suis quand même entourée de nombreux coureurs prêts à en découdre. On sent la motivation, le stress, la préparation qui est palpable dans l’atmosphère.  Enfin, c’est ce que j’avais préparé comme scénario.

9h50 : c’est le top départ. Nous avançons doucement en se calant dans la bonne allure : ni trop vite, ni trop lente. Au bout de 5km, je sens déjà que la chaleur va faire des ravages. L’ambiance est géniale avec tous les spectateurs sur le bord du parcours. J’en ai encore des frissons rien que d’y repenser.

Une fois que nous franchissons la ligne de départ, nous nous souhaitons bonne course. C’était avant de se rendre compte que nous allions effectuer plus de 25km toutes les deux. Nous nous sommes calées au même rythme, on a discuté, on a rigolé, on a partagé… Bref, ce premier semi ne s’est pas du tout effectué comme je me l’étais imaginé.

Au bout de 6km, je lui demande tout de même son prénom. Nous n’avions pas eu le temps de regarder nos dossards. En même temps, je ne pensais pas faire une si grande partie du chemin avec elle. Je décide de ralentir le rythme au vu de la chaleur puis, aussi en lisant les sms que je recevais de mes proches : « Jackie, tu vas beaucoup trop vite ! » Merci ma 920XT pour tes notifications, pas besoin de sortir le téléphone 😉

Dans les bois de Vincennes, les routes plus larges laissent plus de liberté pour se frayer un chemin. Cependant, le manque d’ombre se fait ressentir. Ce n’est pas la partie la plus agréable du parcours.

Je me suis arrêtée à tous les ravitaillements : eau, banane et orange. J’ai gardé la bouteille à la main jusqu’au moment où j’ai rejoint Adrien. J’étais obligée de la garder pour m’hydrater régulièrement et me mouiller le visage et la nuque. Plusieurs fois, j’avais proposé à ma camarade si elle voulait de l’eau qui refusait. Puis, au bout d’un moment, elle a accepté mon offre. Un marathon, c’est de l’entraide même quand on ne connait pas les personnes. Il faut savoir accepter et donner.

A aucun moment, je lui ai parlé du blog, Je ne fais pas une course pour me mettre en avant ou pour me la raconter. J’avais envie d’être Jackie et non Smoukinette Panda. Ma copine de Mizuno a été mon lièvre sans le vouloir et je suis déçue de l’avoir perdue de vue à un ravitaillement. Je me suis sentie honteuse jusqu’à la fin du parcours.

Voir Adrien m’attendre me semble encore irréel. Pourtant, c’était déjà le cas l’année dernière. Je me sens pousser des ailes dans cette épreuve. Je trouve cela tellement touchant d’avoir mon mari qui m’accompagne sur la fin.

Il devient très compliqué de se faire un chemin parmi la foule et les coureurs qui commencent à marcher. Psychologiquement, de voir autant de personnes marcher devient aussi mon combat pour ne pas succomber à la tentation.

Chaud devant, le passage au semi en 1h57. Alors que la chaleur fait des siennes, je me sens vraiment bien au niveau des jambes et de l’essoufflement.

Je l’avais dans mon champ de vision mais une fois sur les bords de Seine, il y avait tellement de monde que je n’apercevais plus ses baskets et son short rose. Pourtant, j’avais Adrien à mes côtés mais je ne sais pas pourquoi, je me sentais à l’aise à faire ma course avec une inconnue.

Je commence à payer le rythme. Ce ne sont pas les montées et les descentes des tunnels des quais de Seine qui me freineront. Il en est hors de question. C’est l’épreuve de vérité : Les premiers signes. Un petit coup de mou mais ça va passer. Et non, l’approche du 30km est encore plus laborieux. Objectif le finir, j’avance et je ne cherche plus le moindre prétexte pour m’arrêter. Je n’écoute plus la voie qui me fait subir la course.

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Je me dis qu’on va croire que je suis bien… Finalement, c’est loin d’être le cas :p

Je lève un peu le pied pour éviter toute déconvenue à partir du 30ème km. La chaleur et la fatigue se font ressentir. J’ai les tunnels qui m’ont cassé les jambes.  Je commence à avoir une légère douleur à ma cuisse gauche. Je prends mon temps pour marcher au ravitaillement afin de la calmer. C’est entre le 30 et 35km que j’ai la moins bonne vitesse moyenne : 8,2km/h.

Je sens la baisse de rythme et décide de ne pas forcer. J’ai des moments de relance à ne plus rien y comprendre. Je ne veux pas m’achever si près de la fin. Je me concentre sur ma musique. Je me répète : Ton objectif est de finir et après tu regardes l’aspect chrono pour améliorer ton temps.

Le fait de zigzaguer en faisant attention aux autres devient pénible. Le rythme n’est plus régulier avec les coureurs qui se stoppent d’un seul coup. Même en anticipant la trajectoire et mes dépassements, j’arrive à avoir des coureurs qui débarquent de tous les côtés. Le trafic oblige à ralentir. C’est aussi vrai que je ne trouve pas l’énergie pour accélérer comme je le souhaite. Au fond, je ne veux pas revivre une fin de marathon chaotique.

Il m’est impossible de passer sous l’eau des lances des pompiers. Le choc est trop terrible.

L’ambiance est toujours extraordinaire surtout quand on arrive vers la fin. Elle nous emporte vers la ligne d’arrivée.

Mon allure a bien chuté, je suis restée à une moyenne de 8,8 km/h sur le second semi. Je me confronte à mes souvenirs de 2015. Ce marathon que j’attends depuis 12 mois, que j’ai préparé, que j’ai rêvé reste encore un moment magique. Je suis trop perfectionniste donc je ne souhaite pas rester sur un aspect « échec » de ma course.

Voir tous les coureurs s’arrêtaient d’un coup sec devant toi… C’est juste horrible psychologiquement. Tu es déjà en combat avec toi-même pour ne pas t’arrêter et tu n’as qu’une envie faire une pause comme eux. Tu te concentres sur ta musique, sur les pas, tu ne regardes plus ta montre… tu sais que les pavés sont pour bientôt…Ne penses même pas à ton look, et go pour le sourire forcé :p

Les bois de Boulogne et son petit passage sur les pavés… Une étape douloureuse. Je suis la foule qui se faufile vers le bord pour y échapper. J’avais une belle carotte pour me tenir, 2 personnes étaient placées vers le km 37. Mon rythme était très saccadé. Il m’est arrivé de revenir à du 10km/h sans souffrir, c’était vraiment déstabilisant.

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Amour, gloire et beauté…. Euh, je pense que c’est à revoir !

Je porte : Un débardeur Roxy, une brassière Adidas, des chaussettes de Thyo >> , un bandeau Nike >>, les baskets Wave rider 19 de Mizuno >> , mon bracelet MyPom >> , la montre Vivoactive de Garmin >> et la montre forerunner 920XT de Garmin >>.

Pour continuer à avancer, j’ai fonctionné en ravitaillement. Mon but était de courir entre tous les ravitaillements tout en marchant le temps de prendre l’essentiel pour survivre ! je ne compte plus le nombre de km pour ne pas me morfondre devant l’écran de ma montre. Le cardio baisse, je perds des secondes, la relance est une déchirure musculaire… mais cela va me faire tenir jusqu’au prochain.

Je m’accroche. La confrontation à mes limites. Les kilomètres ne défilent plus. Ma vitesse moyenne devient un cauchemar. Je me dis qu’après le prochain ravitaillement, ça ira mieux. Je ne me bats plus contre le temps, je sais que je suis en dessous de mon chrono de 2015. C’est le principal. Je n’ai plus de pression et je prends la course comme elle vient.

L’abandon est inconcevable. Après mes semaines de préparation et une bonne partie du parcourir effectué, il me faut cette médaille.

Une accélération soudaine. Et brutale. Là où je vois qu’il me reste si peu à couvrir pour en finir avec ce second marathon. Les jambes sont lourdes. Les kilomètres commencent à se faire un peu long et le ravitaillement du 40 eme kilomètre se fait attendre.

Que c’est bon de voir le rond-point de la porte Dauphine. Pour la seconde fois, je savoure le passage de la ligne d’arrivée. Je suis sur mon petit nuage. L’émotion est énorme et j’en ressens des frissons sur la totalité du corps.

Je suis finisheuse, fière de m’être infligée une course de 42,195km, et heureuse d’avoir partagé cet effort avec une inconnue, mon mari et 40 000 autres runners. Nous nous sommes battus et nous n’avons pas sombrés.

J'ai couru… j'ai eu chaud… j'ai bu… j'ai mangé… j'ai écouté ma musique…. je me suis fait une copine sur le premier semi… j'ai eu mon mari pour me soutenir… j'ai eu le mur… j'ai combattu… j'ai eu mal… puis j'ai croisé des copains qui m'ont redonné du carburant. Bref, j'ai tenu jusqu'au bout même si le chrono n'est pas top 😉 Le principal était de le finir et de prendre du plaisir 😉 Bref, je remercie les nombreuses personnes qui m'ont encouragé 😚 Merci à mon mari pour son soutien qui souffrait autant que moi 😂😂 #parismarathon je t'ai vaincu 👊 Bravo à tous les participants, j'espère que vous êtes heureux de votre performance 👊🏃 Bonne récupération à tous! #dontcrackunderpressure #gogarmin #beatyesterday #garmin

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J’ai battu mon chrono de mon premier marathon.  4h33 et 18 secondes, j’ai atteint mon objectif.

Mon second marathon, à J+7, l’émotion est toujours poignante. Je prends toujours du recul avant de publier mes comptes rendus de courses. A chaud, je ne pense pas forcément à tout.

Un marathon, ce n’est pas qu’une course, c’est un réel dépassement de soi ! Une expérience de vie ! 42.195 km seule face à soi-même.

Je retiens :

  • L’after ravito d’isostar qui donnent un sol pot de glue !
  • La foule trop compacte
  • L’organisation sans faille.

L’année dernière, je ne m’étais pas arrêtée aux ravitaillements. Sur celui-ci, j’ai fait le choix de m’arrêter sur tous : 1 morceau de banane, 1 morceau d’orange et une bouteille d’eau. Le corps a besoin d’énergie pour répondre à l’exigence de l’effort.

Pour finir, merci à tous pour vos nombreux messages de soutien. C’est très touchant de recevoir des mots pour ce moment de fête.  Vous m’avez tous fait tenir par vos pensées, messages ou présences ! Un tel soutien du public, présent en nombre tout au long du parcours. Ça faisait chaud au cœur ! Hormis le passage dans les tunnels, que du bonheur !

Aujourd’hui, si je dois refaire un marathon, je souhaite vraiment le faire dans une autre ville. Je veux découvrir un autre parcours. Même si je pense que la distance n’est pas pour moi, nous disons : Jamais 2 sans 3. Mais avec une certaine réflexion.

On oublie vite les moments douloureux pour garder que les bons. Je suis tellement fière que je n’ai plus cette image négative. J’ai encore appris de mes erreurs et je souhaite en tirer les leçons. La modestie n’est pas donnée à toutes les personnes. Cette distance mythique reste à jamais graver dans ma vie car c’est une aventure fabuleuse.

A très vite 🙂

24 réflexions sur “Mon marathon de Paris : Test number two

  1. Bel article… 2017 sera l’année de mon premier marathon et je commence par Paris. Ça me conforte dans l’idée de bien m’y préparer et surtout prévoir le fameux mur des 30bornes ! Et comment y remédier…

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  2. Toutes mes félicitations! J’adore lire des compte-rendus de courses, ça donne tellement envie! J’espère que ce sera pour 2017… Et bravo, chrono pas mal quand même!

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  3. Bravo a toi…. ce marathon a l’air si magique que ça donne envie de s’y frotter. Alros je me suis inscrite pour l’an prochain… Mais j’aimerai tester celui de Bordeaux ou du mont Saint Michel…. peut etre des idees pour toi ! bizzzz

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  4. Waouh, très beau compte-rendu qui m’a foutu la chair de poule.
    Un énorme respect … m’étant battu contre moi-même l’an dernier sur un semi, je ne peux que t’encourager et te féliciter sur cette distance !

    Gros bisous

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  5. Coucou !
    En lisant ton retour sur ton marathon, je croirai entendre la petite voie qui m’a accompagné tout au long de ces 42 km. L’épreuve est dure (surtout avec la chaleur qu’on a eu…) mais tellement enrichissante ! une bonne leçon sur soi-même et sur l’écoute de son corps. Félicitation pour ton marathon !

    Aimé par 1 personne

  6. Super compte rendu, ce n’est pas une distance qui m’attire mais je suis impressionnée de tout ceux qui la parcourent chaque année ! Quand tu parles de la chaleur : j’ai couru un 10km le même jour et ça ne m’a pas aidé non plus donc je comprends. Attention par contre dans ton article, il y a deux fois le même paragraphe au début de ton compte-rendu : « La première partie du marathon va se faire avec moi-même. … » 😉 Bonne continuation !

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  7. Vraiment un très chouette compte-rendu, malgré les difficultés, ça donne envie d’un jour tenter l’expérience du marathon même si je préfère les sentiers et forets en mode trail. Objectif en 2017 ? Allez pourquoi pas finalement 🙂

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  8. Pingback: Wake up & Run | ♡ La smoukinette panda sportive ♡

  9. Bel article… bravo ! As-tu retrouvé ta « collègue aux Mizuno » ?
    Et sinon, ce sont les petits écouteurs décathlon que tu avais pour ta musique ?

    Encore BRAVO ! 🙂

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  10. Félicitations pour ton marathon ! J’adore lire les comptes rendus des courses, et surtout les marathons. Mon objectif pour l’année prochaine, c’est de courir le marathon. Cette année je me suis attaquée au sémi et c’était du bonheur. Dans ton compte rendu, je me retrouve et je retiens avant tout l’émotion !

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